Le corps fluide : permanence et impermanence de l'interpénétration

 

 

 

Université Panthéon-Sorbonne - UFR d'Arts plastiques et sciences de l'art

 

Myoung Heui Ryu
Auteur

 

 

Résumé : L'eau est un élément paradoxal car elle délivre des vérités sur le monde, sur les hommes et sur notre façon d'être, alors même qu'elle demeure insaisissable et profondément informe. Continuellement mouvante, hermétique aux identifications et aux déterminations, elle pose problème dans un cadre artistique car elle est ce qui reflète une image, mais une image fluide, changeante, aux contours incertains. Les notions de plasticité et de fluidité laissent entrevoir le caractère versatile de cette eau, elles permettent d'envisager une esthétique ambivalente où ce qui prime est le dialogue entre la surface des choses et ce qui réside en profondeur. L'eau est ce qui nous permet ici de formuler une approche de nature ontologique à l'égard de notre corps. Nous nous référons pour cela aux pensées orientales afin d'interroger à nouveau frais "ce que peut un corps". Le mouvement du Yin et du Yang, la Voie qui nous fait converger vers un Vide existentiel et métaphysique, nous montre que notre rapport au monde est de l'ordre de l'immanence. Ce que nous enseigne l'eau, en effet, est que nous sommes au monde aussi bien que le monde est en nous. Dès lors, la thématique de l'eau peut nous inviter à poser la question des limites de l'homme, de son humanité et de son rapport au milieu qui l'environne. Ce qui est fluide est ce qui est vivant. Ce qui est vivant interpénètre sans cesse avec ce qui l'entoure, l'impermanence se révèle permanente, et la permanence s'avère instable. Entre ces deux élans, la création, celle de la vie, celle de notre être, et ici, celle de la peinture, car faire de la peinture, c'est provoquer la rencontre entre deux éléments fluides.

 

 

 

détails http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00947684