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       À travers la surface de l’eau, on pourrait chercher à rencontrer l’eau afin de vivre à ses côtés. En se rencontrant, comme le dit Lucrèce, les atomes composent des agrégats, c’est-à-dire les composés qui font le monde. Pour qu’ils se rencontrent, il faut qu’ils subissent dans leurs trajectoires des déviations dues au hasard. Si le monde ne résulte ainsi que de la matière et du hasard, la nature est libre, sans maître, sans dieux, sans contraintes et nous sommes libres, nous aussi.
        Personne ne perçoit ce qui vient en amont, car il demeure mobile et indomptable, vivifiant ou soumis aux lois du hasard. De même, devant la Nature indéfinie, l'homme peine à dialoguer avec elle. Comment ouvrir le dialogue et s’unir à la Nature?
        L’eau peut être comprise telle une substance vivante, propice à la vie de tout autre être. Tout dans ce qui est fluide est donc continuellement traversé de part en part autant qu’il fend le temps et l’espace par son rapport au monde. Cette relation est réciproque.
        En introduisant l’eau sur toile, le « jeu de l’eau avec l’eau » commence. Comme dans une danse rythmée, solitaire et rituelle, l’artiste déplace son corps et ses pinceaux, à moins que ce ne soit la toile qui défile sous ses pas.
        L’eau que nous invitons sur la toile peut désormais être perçue comme une façon d’appréhender l’univers. Faire de la peinture est pour l’artiste une façon de contempler et de méditer.L’acte de peindre constitue ainsi une sorte de rituel susceptible de se placer dans un rapport d’empathie avec l’ordre de la nature.
        « La fluidité de l’eau et l’acrylique envahissent peu à peu la toile. Quand mon pied nu danse sur la toile, l’eau bleue semble pénétrer et circuler dans le corps entier pour mieux revenir sur la surface colorée.
Je suis comme une montagne, l’eau circule tout autour et fait corps
avec moi. Elle danse, nous sympathisons et nous nous imprégnons mutuellement. Cela revient à une extension des séances de peinture corporelle. Avec le grand pinceau, ma main nage dans l’eau :
Lorsque je joue avec l’eau, celle-ci semble tourbillonner et m’emmener dans un voyage indéterminé, vers l’eau et moi.
        En voyageant, nous sympathisons et nous nous imprégnons
réciproquement. Cela me permet de tisser un lien instinctif avec
l’élément liquide. Quelque part, je deviens cette eau et elle devient
‘moi’.
        En quittant la toile, je laisse faire le hasard : l’eau travaille seule
car c’est bien elle qui décide de la forme et des chemins à parcourir. C’est elle qui décide des éléments qui la composent. Puis je m’arrête, j’attends et la regarde, cette eau qui se meut sous la couleur, si fragile en apparence, bougeant lentement » .
                                                       – extrait du Cahier de l’artiste, 2013

La rencontre